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Exposition

Selbstdarstellung. Portraits de grands singes

Chris Herzfeld

 
Artiste et philosophe des sciences (École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris), Chris Herzfeld s'appuie sur son expérience
de terrain avec bonobos, gorilles, orangs-outans et chimpanzés pour explorer la question des relations entre humains et primates anthropoïdes.
Ses portraits de grands singes ont été exposés à la Cité des sciences (Paris), au ZKM (Karlsruhe), au Musée des Confluences (Lyon) et
à la Grande Halle de la Villette (Paris). Ils ont également été publiés par Odile Jacob, accompagnés de textes de Pascal Picq, Dominique Lestel
et Vinciane Despret (
Les grands singes. L'humanité au fond des yeux
, Paris, Odile Jacob, 2005).

 
Peintre, sculpteur et photographe, elle a consacré divers autres travaux aux grands singes, explorant l'histoire de la primatologie et travaillant
sur les lieux où les primates vivent en étroite proximité avec les humains (centres d'apprentissage du langage, zoos, sanctuaires).
Dans ces dispositifs, les singes s'approprient, selon leurs propres modalités, certaines habitudes et compétences humaines : langage symbolique,
nouage, locomotion bipède, peinture, techniques culinaires, utilisation d'écrans tactiles et de jeux électroniques, etc.
Chris Herzfeld en témoigne, concentrant son travail sur le brouillage de la frontière érigée par la pensée dualiste occidentale entre les pôles
de quelques grandes oppositions structurantes "humains/animaux", "nature/culture", "sauvage/domestique". Parmi ses projets récents,
certains travaux traitent des collections d'histoire naturelle (Dead Birds), du marché de l'animal familier (Human Dogs) et de l'entremêlement
nature/culture et sauvage/domestique, visible dans les objets liés à l'enrichissement du milieu de certains animaux captifs (Captive Manatee's Duck Toy).

 
Dans le cadre de ses recherches sur les relations entre humains et grands singes, Chris Herzfeld a démontré, pour la première fois, que certains primates
anthropoïdes étaient capables de faire des noeuds, alors que les éthologues leur déniaient cette compétence, la catégorisant comme un propre de l'homme.
Plus d'un an d'expérimentation avec la femelle orang-outan Wattana (âgée de huit ans au début des recherches), à la Ménagerie du Jardin des Plantes
(Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris), lui a permis de documenter ce savoir-faire des primates à travers plusieurs séries de photographies et
divers films...

Les noeuds de Wattana

 
Wattana a noué tous les matériaux qui lui ont été fournis : papier, ficelle, laine, ruban, lacets, tuyau d'arrosage. Elle s'est impliquée dans cette activité
de manière tout à fait gratuite : elle n'a jamais été récompensée. En quelques séquences, ces films montrent le ballet des mouvements coordonnés des mains et
des pieds de Wattana, sa détermination et sa concentration, qui incarnent parfaitement la notion phénoménologique de Funktionslust (désir, plaisir et joie de faire
ce que l'on sait bien faire).
Le film Funktionslust. Les noeuds de Wattana, orang-outan sera projeté lors de l'exposition. La notion de "devenir-animal" thématisée par Deleuze
et Guattari trouve en quelque sorte son pendant en ce qui apparaît comme un "devenir-humain" des grands singes. Le fait de cohabiter avec les humains met en effet
les primates en contact avec de nouveaux possibles et favorise certains apprentissages, comme le nouage. Des qualités présentes chez tous les primates
anthropoïdes (orangs-outans, gorilles, chimpanzés, bonobos et humains) s'expriment : flexibilité des habitudes, plasticité comportementale et capacité à vivre
dans des milieux très différents de leur environnement naturel.

Parmi les singes-noueurs observés, Wattana s'est montrée exceptionnelle. Sa manière de nouer, son niveau de compétence, sa virtuosité montrent combien
chaque anthropoïde est singulier et témoignent d'une véritable personnalisation des primates.
Deux articles, rédigés avec le philosophe Dominique Lestel
(Ecole Normale Supérieure et Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris), ont été publiés. C'est la première fois que la capacité de nouage des grands
singes a été systématiquement explorée et thématisée dans des publications scientifiques :


 | Herzfeld C. and Lestel D. (2005), "Knot Tying in Great Apes. Etho-ethnology of an Unusual Tool Behavior", Social Science Information, Vol. 44, N°4, December 2005, Sage Publications, London, Thousand Oaks and New Delhi ; Lestel D. | 
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 | Lestel D. and Herzfeld C. (2005), "Topological Ape : Knots-Tying and Untying and the Origins of Mathematics" in Grialou P., Longo G., Okada M. (ed.),
Images and reasoning, Interdisciplinary Conference Series on Reasoning Studies, Vol. 1 (Paris Meeting, March 2004), Tokyo, Keio University. | 
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Films consacrés aux nouages de Wattana :


 | Grande Halle de la Villette (2007-2008),
Wattana, le singe qui sait faire des noeuds
(4'33''),Exposition "Bêtes et Hommes", Paris,
12 septembre 2007 - 20 janvier 2008. | 
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 | Florence Gaillard et Chris Herzfeld (2008),
Grands singes noueurs. Le cas de Wattana, orang-outan,
Paris (film de recherche, 1 h 23' '
Version anglaise :
Knotting Apes. The Case of Wattana, the orangutan | 
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 | Florence Gaillard et Chris Herzfeld (2008),
Funktionslust. Les noeuds de Wattana, orang-outan ,
Paris (Deux versions: Virtuosité 9' et Technicité 15').
Les deux versions seront montrées en projection continue durant l'exposition. | 
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 | Chris Herzfeld, Les noeuds de Wattana (2004),
Exposition "Les Grands singes vont-ils disparaître ?"
Cité des Sciences et de l'industrie, Paris
(Montage : Violette Araujo - 2').
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